
Le carnet de voyage de Marie-Thérèse et Michel en Patagonie



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Croisiere en patagonie

Le carnet de voyage de Marie-Thérèse et Michel en Patagonie



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Buenos Aires, capitale de l’Argentine, est réputée pour son tango, son architecture européenne et sa cuisine, surtout avec la viande viande. Il y a plus de bovins en Argentine que d’habitants.
Ce matin nous partons pour une navigation dans le delta proche de la capitale. Cette zone avec des centaines d’îles près de Buenos Aires s’appelle le Delta du Paraná.
C’est un vaste réseau de rivières, de canaux et d’îles situé au nord de Buenos Aires, principalement dans la province de Buenos Aires et la province de Entre Ríos. La ville de Tigre, située à environ 30 km de la capitale argentine, est la principale porte d’entrée pour explorer cette région.

Le Delta du Paraná est un écosystème unique avec une grande biodiversité, des maisons sur pilotis et un mode de vie centré sur l’eau, accessible en bateau depuis Tigre.Nous naviguons dans ces canaux.
Très arborés les parcs de la ville s’ornent de fleurs rouges : des Ceibo (flamboyant),

de fleurs bleues : Jacaranda

et des fleurs rouge et blanches Palo Borracho (Arbol Botella)

L’après-midi, après avoir savouré une empanada traditionnelle (petits chaussons fourrés) , nous flânons dans le centre historique. Nous passons devant l’obélisque, puis devant la célèbre et tragique Place de Mai, face au Palais Rose, résidence présidentielle.

La place de Mai est le site central de la ville de Buenos Aires. Le monument commémore les 30 000 disparus pendant le régime dictatorial avec de nombreux cailloux portant leurs noms. L’Argentine connaît une stabilisation économique grâce aux réformes de Javier Milei, mais la population reste fortement affectée par la pauvreté et l’austérité
Nous rentrons tôt, car demain, réveil à 3h30 pour notre vol vers Ushuaïa.
Ce samedi, après un réveil matinal et un petit-déjeuner à 4h au comptoir du bar de notre hôtel à Buenos Aires, nous prenons la route de l’aéroport.
Après les formalités d’embarquement, un bus nous conduit sur le tarmac jusqu’à notre Boeing 737 à destination d’Ushuaïa, où nous atterrirons après 3h40 de vol.
À notre arrivée, nous déjeunons dans un hôtel avant de partir en randonnée à travers les tourbières et la forêt alluviale d’Ushuaïa, la découverte de l’emblématique myrtille Calafate, puis nous rejoignons notre bateau.


A la fin nocturne de notre navigation nous approchons du Cap Horn.
Le Cap Horn, à la pointe sud de l’Amérique du Sud, est un lieu légendaire pour les marins. Ce cap, souvent balayé par des vents violents et des mers agitées, offre une expérience de navigation unique.
Notre commandant nous informera de la possibilité, ou non, de débarquer en ce lieu mythique. Hier, la mer agitée a empêché le débarquement en zodiac des passagers d’un précédent navire, et demain, la houle rendra également toute approche impossible.





L’accord est donné, malgré une mer encore agitée, et nous accostons en zodiac pour rejoindre le phare et ses 167 marches, surmontés de la sculpture de l’Albatros, hommage aux 800 navires coulés dans la région et aux 10 000 victimes.
En parka bleue, les passagers ; en jaune et rouge, les membres d’équipage. Puis quelques heures plus tard le bateau repart pour la prochaine escale.

La soirée sera dédiée au commandant, avec une présentation de l’équipe d’encadrement, suivie d’un repas de gala au champagne.

Le glacier Garibaldi situé dans le parc national Alberto de Agostini en Patagonie chilienne est un trésor naturel niché au cœur des Fjords de la terre de Feu. Ce glacier descend des montagnes escarpées jusqu’aux eaux profondes du fjord Garibaldi.
Sur notre zodiac, au milieu des growlers et de la brash ice, nous assistons à des vêlages dans un fracas semblable au tonnerre. (growlers: morceaux de glace flottants issus des glaciers)
Le Williwaw, un vent catabatique puissant, souffle et fait chuter considérablement la température ressentie.
.




La météo aurait dû nous permettre d’être ce matin sur un autre glacier mais le vent trop important (50 noeuds) a fait changer de programme.
Dans ces régions c’est la météo qui impose sa loi.


Glacier Pia, dans le fjord eponyme, est la découverte de cet après-midi.
La météo capricieuse nous offre, entre deux navigations, l’opportunité d’emprunter le fjord menant au glacier Pia (est).

À bord du zodiac, nous croisons des dauphins sur notre route, puis, devant le glacier, nous assistons à plusieurs vêlages accompagnés d’un bruit assourdissant, dont un particulièrement impressionnant qui nous contraint à nous éloigner précipitamment.
Vidéo d’un vêlage :
Nous accostons près d’un autre glacier pour marcher un peu, avant de regagner le bateau.



La nuit a été éprouvante, bercée par une mer agitée et une forte houle.
Ce matin nous embarquons pour Bahia Morris. Cette baie permet une immersion unique dans la beauté sauvage et préservée d’un lieu isolé. Nous y avons observé des oiseaux marins et profité d’un cadre naturel spectaculaire, loin de toute trace de civilisation.
Promenade à pied, le long de la berge en compagnie de nos guides conférenciers spécialisés en ornithologie et pilote de zodiac





De retour sur le bateau, après la désinfection des bottes dans un pédiluve, un marin nous accueille avec un thé chaud et une serviette tiède.
Le bateau se dirige vers le glacier Seno Serrano, mais la météo se détériore rapidement. Sous une pluie battante, il est contraint de faire demi-tour.


La sortie en zodiac est remplacée par une conférence sur les glaciers et leur formation.

Une journée de navigation le long de la côte Pacifique : tempête. D’immenses lames aux longues crêtes déferlantes en panache balaient une mer entièrement blanchie, tandis que la visibilité reste fortement réduite.

En attendant notre conférencier, nous parle des Selk’nam. Ce peuple étaient un peuple autochtone de la Terre de Feu, chasseurs-cueilleurs nomades.

Leur société égalitaire avait une spiritualité riche, marquée par le rituel du Hain. L’arrivée des Européens au XIXe siècle entraîna leur quasi-extermination par massacres, maladies et destruction de leur mode de vie.

Aujourd’hui, des descendants tentent de faire revivre leur culture.


Après le déjeuner, la tempête se renforce. Par mesure de sécurité, le commandant interdit l’accès aux coursives extérieures et recommande de limiter les déplacements.
Des vents dépassant les 95 km/h soulèvent des creux de 5 à 10 mètres, portant la mer au niveau 10 sur l’échelle de Beaufort.
Le navire trouve refuge dans un fjord à tribord en quittant le détroit de Magellan, à l’abri du vent.

Le Cerro Pietrobelli est une montagne 2950 m située à la frontière entre l’Argentine et le Chili, dans la cordillère des Andes, dans cette région mythique de Terra Incognita

Le bateau jette l’ancre aux pieds de glaciers majestueux de cette montagne, entourée de paysages grandioses typiques de la Patagonie.

Nous petit-déjeunons face au glacier avant d’embarquer sur nos zodiacs


En Zodiac, nous nous approchons du glacier en nous frayant un passage à travers les « brash ice » qui par moments bloquent l’hélice.

En revenant vers le bateau, nous sommes accueillis par les grognements des otaries à crinière, également appelées otaries de Patagonie ou lions marins accrochées au flanc de la falaise.


On part à 14h pour le glacier avec un débarquement des zodiacs sur la rive pour quelques pas






Une fois à bord, le navire quitte le fjord en franchissant les « brash ice », accompagné par un dauphin pour rejoindre le fjord Asia.





Ce morceau de glace, d’une clarté exceptionnelle, s’est formé lentement sous une pression élevée, permettant à l’air de s’échapper. Il est appelé « glace de glace ».

Un soleil splendide et une mer d’un calme absolu accompagnent cette balade en zodiac près du glacier El Brujo, vaste étendue de glace de deux kilomètres de large nichée au fond du fjord d’Asia.



Sur le brashings ice nous rencontrons dauphin, canard vapeur, cormoran, rapace caracara huppé




Le glacier Skua sera notre deuxième destination de la journée. A pied et en zodiac nous découvrons le fond de ce fjord Amalia.



Otari, canard vapeur et cormoran seront nos compagnons de voyage, apparaissant souvent furtivement au cours du trajet.



Parmi les premières formes de vie végétale à coloniser ces milieux hostiles, on trouve les mousses et les lichens, qui jouent un rôle clé dans l’écosystème.

Ces minuscules végétaux couvrent de grandes surfaces



Ce soir, nous participons au dîner des officiers et partageons notre repas avec l’officier médecin ainsi qu’un officier mécanicien. Un échange enrichissant et constructif avec des interlocuteurs ouverts et disponibles.

Après le petit-déjeuner, avec le commandant à notre table, nous embarquons à destination du glacier Bernal, situé au sud du Chili, dans le Parc National Bernardo O’Higgins. Nous découvrons le glacier après une marche à travers les « faux hêtres », les fuchsias et la rhubarbe de Magellan. Le glacier descend jusqu’à un petit lac, offrant un paysage spectaculaire avec ses teintes bleutées..





De retour sur le bateau , une vin chaud nous attend.
L’après-midi sera dédié à la navigation, avec un passage délicat à travers l’étroit White Pass, suivi d’un goûter gourmand composé de crêpes sucrées et de boissons pétillantes (champagne et cidre)) .





Puerto Natales est la porte d’entrée du célèbre parc national Torres del Paine au Chili. Cette petite ville offre une vue imprenable sur les montagnes, les glaciers et les fjords de la Patagonie.

Nous prenons le bus en direction de ce parc. Après 1h30 de route, nous découvrons ces montagnes au cœur de la steppe de Patagonie, où vivent des guanacos (lamas sauvages), des vigognes (ancêtres des alpagas), les pumas et les condors.





Nous marchons 3 heures à travers ce paysage rude mais plein de vie, où des plantes survivent malgré des conditions extrêmes (festuca et le coirón), qui forment de petites touffes résistantes.
Le massif del Paine, situé dans le parc national Torres del Paine en Patagonie chilienne, présente une formation géologique remarquable avec une superposition de trois couches horizontales :
Base sédimentaire sombre puis couche granitique plus clair et enfin, à nouveau une couche sédimentaire supérieure sombre.




Retour au port et balade dans la ville.




Puis on embarque à nouveau.
L’Exploris One quitte le port en direction du détroit de Magellan.


Il emprunte à nouveau le White Passage (White Narrows), un étroit chenal encadré par deux falaises, où les puissants « courants de marée » ( 5 à 9 nœuds) ( aussi appelé Effet d’Étranglement ou Courant de Constriction) peuvent précipiter les navires contre les rochers
Il est donc nécessaire d’attendre le renversement de la marée (l’étale), moment où le courant s’inverse.
Pendant cette courte accalmie, le navire peut alors franchir le passage. Le commandant nous offre la possibilité de voir ce passage à bord des zodiacs




Le détroit de Magellan, une voie navigable historique en Amérique du Sud, sépare le continent de la Terre de Feu et est un passage clé entre les océans Atlantique et Pacifique.

Trés rare croisement de navires


Une baleine à bosse à été aperçu, ce matin, par ceux qui étaient à tribord.


Les conditions météorologiques ne nous permettent pas d’accéder à l’île Carlos III, nous poursuivons donc notre route vers une baie plus abritée.


La Baie de Fortescue est sélectionnée. Située à proximité du Détroit de Magellan, elle est réputée pour ses paysages sauvages et son climat rigoureux.

Lors de la sortie, des dauphins escortent les zodiacs sur une mer assez agitée, rendant le débarquement sur l’île impossible.



Ce matin, dernière sortie en zodiac. Nous partons observer une colonie de manchots sur une petite île.



Des cormorans survolent les zodiacs. Le ciel est couvert, mais la mer reste calme. De retour au bateau, nous quittons nos zodiacs pour la dernière fois et nettoyons nos bottes avant de les restituer.


Ce soir, nous sommes à Punta Arenas, une ville située sur les rives du détroit de Magellan, reliant les océans Atlantique et Pacifique.

La croisière touche à sa fin. Un immense merci à tout l’équipage de l’Exploris One.
Nous souhaitons exprimer notre profonde gratitude au commandant Christophe Colaris,

à son équipage, au service médical, à l’équipe de restauration pour l’excellence de sa restauration, ainsi qu’aux guides pour leur bienveillance, leur disponibilité, leurs savoirs encyclopédiques et leur attention envers les passagers.
Les pilotes de zodiacs sont également nos guides. Issus d’horizons divers, ils possèdent des formations et des compétences variées : naturalistes, géologues, guides spécialisés en faune et flore, guides de kayak, guides polaires, historiens, photographes ou vidéastes.
Tous sont animés par une passion commune pour la mer et l’exploration, qu’ils savent transmettre avec enthousiasme.


Départ de Puntas Arenas pour Santiago arrivée 14h06


Nous nous rendons à l’aéroport, d’où nous décollons en direction de Santiago du Chili.
À notre arrivée à Santiago du Chili, nous quittons l’aéroport pour nous rendre au restaurant, avant de débuter le tour panoramique de la ville.

Capitale et plus grande ville (10 millions) du Chili (20 millions), Santiago est établie dans une vallée entourée par les sommets enneigés des Andes et par la cordillère de la Costa. La pollution est omniprésente, un voile gris enveloppe la ville.
Le principal cours d’eau de Santiago, le Río Mapocho, traverse la ville d’est en ouest après avoir pris naissance dans les Andes. Il finit par se jeter dans le fleuve Maipo. Après un été torride, son état est malheureusement déplorable. Une particularité du pays , tout, ou presque, est privatiser. Les cours d eau sont privatisés.
Les frais de scolarité d’un étudiant à la faculté s’élèvent à 500 €, tandis que l’équivalent du SMIC est de 400€

Nous faisons une halte au palais présidentiel pour prendre quelques photos.

Nous continuons ensuite vers la colline du Cerro San Cristóbal (Vierge Marie), que nous gravissons en funiculaire avant de la redescendre en téléphérique.





Sous un soleil éclatant, nous prenons la route vers l’aéroport. Il est 8h50 en ce vendredi à Santiago du Chili. Notre vol AF401 à destination de Paris est prévu pour un départ à 12h10. L’arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle est attendue le lendemain, samedi 29 mars 2025, à 6h00.

Au Cap Horn, l’homme ne traverse pas la mer, c’est la mer qui le laisse passer

La coutume voulait qu’un « Cap-hornier » puisse porter un anneau en or sur son oreille. L’autre privilège était de pouvoir dîner avec un pied sur la table.
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Si vous souhaitez visualisez le parcours dans Google Earth – 2 étapes :
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Puis importer ce fichier téléchargé dans Google Earth https://earth.google.com/
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